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21-22 mai 2005 à Roiffieux: la lettre de remerciements de Annie à Amis Voix
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Prévessin le 28 mai 2005 Amis de Roiffieux, bonjour, Depuis
notre retour de l'Ardèche, nous sommes très, très soucieux. Qu'avez-vous fait de nous? Des gens sans repos, sans
sommeil, sans voix. Mais non, je ne mens pas, pas plus que les autres
ex-choristes – puisque maintenant ils sont aphones – de l'ex-chorale "le
Pays de Gex". Vous
pensez sans doute que le "Saint Joseph" a tapé un peu fort sur nos
têtes? Que l'arrivée brutale de l'été nous a anesthésiés? Point du tout! C'est
simplement le stress qui nous paralyse… En effet, comment pourrons-nous, lors de votre visite de
l'an prochain, être à la hauteur de l'accueil que vous nous avez offert cette
année? Nous
cogitons, cogitons, cogitons et finirons par faire jaillir la lumière, aidés en
cela par le Saint Joseph que nous avons mis dans nos caves. Notre
semaine a donc débuté avec le souvenir radieux du week-end chez vous. Vous
auriez dû nous voir le samedi matin du départ, à 6h45 sur le parking de Gex,
accueillis par Christiane, notre ange gardien, soucieuse que le car vienne bien
nous chercher au bon endroit. Chacun arrivait, à moitié endormi, grognant
contre le froid, le ciel gris, le crachin. Pour nous redonner le sourire,
quatre choristes arrivèrent portant ce qui ressemblait fort à un cercueil drapé
dans son drap pourpre et blanc, suivi d'un catafalque, le tout fut déposé dans
la soute du bus et, renseignement pris, ce n'était ni le cadavre de notre
cheffe que nous n'avions pas encore vue ni celui d'un autre quidam mais tout
simplement…le piano qui s'en allait faire un tour du côté de chez Swann –
pardon – du côté de Roiffieux. Donc,
tout le monde embarqué, nous finîmes notre nuit grâce à la conduite tout en
douceur de notre "chauffeuse" Edith. Après un arrêt
pipi-café-gâteaux, sous la pluie et dans le froid, notre cheffe essaya de nous
faire revoir quelques chants puis les langues se délièrent un peu car l'horizon
s'éclaicissait, Saint Désirat approchait et Saint Joseph nous attendait. "Saint"
Michel (le ou la Grange? de Roiffieux)( "Saint"mais oui, il l'est
pour nous!) et quelques acolytes nous attendaient aussi sous le soleil et dans
la douceur de la belle "Ardèche au beurre". Nous attendait aussi,
venu de Sète, l'autre St Michel: le Liotta cette fois, avec sa toque et sa
Mady. La
visite de la salle d'exposition de la "Maison des vins" nous ravit.
Le bouquet d'odeurs exhalé par les carafes précipita les plus gourmands au
comptoir où la dégustation était généreuse et fort agréable. La visite du chaix
avec ses innombrables tonneaux au garde
à vous avait de quoi laisser rêveurs, les vinophiles. Pendant
que se remplissaient de vin les soutes du car, l'oeil de certains était
attiré par des baies rouges et là
encore Saint Joseph pardonnera à ceux qui ont osé marauder quelques cerises!
Que voulez-vous, dans notre Sibérie, elles sont encore loin d'être mûres et la
maraude réveille de merveilleux souvenirs
chez nous tous, redevenus le temps d'un week-end des enfants. ST
Michel de la Grange de Roiffieux (c'est pompeux!) monta avec nous dans le car,
pour nous conduire jusqu'au lieu du pique-nique. La vue au-dessus de St
Désirat, parmi les cerisiers en fruits, l'ancienne voie de chemin de fer
transformée en chemin de pierres n'étaient que les prémices de ce que nous
allions découvrir. Il est logique qu'une voie ferrée traverse des tunnels, il
était donc normal que la voie pierrée
traverse( ât ) un tunnel mais quel tunnel! Ceux qui ne l'ont pas vu ne peuvent
imaginer notre étonnement émerveillé:
une immense salle de bal voûtée, avec un bar, un plancher ciré, enfin
tout ce qu'il faut pour virevolter et faire la fête jusqu'au bout de la nuit:
c'est la galerie de Rochevine prêtée par la "Maison des vins "de St
Désirat. Que ces généreux vignerons soient encore remerciés! Pique-nique
tiré des sacs et mélangé au gré des envies de chacun, copieusement arrosé par
vous, Amis de Roiffieux, temps d'une promenade dans les vignes, d'une leçon de
botanique par Cyrille, de quelques cerises cueillies le long du chemin et nous
partions pour Annonay. Quoi
de mieux que les voyages pour apprendre la géographie et se rendre compte
qu'Annonay n'est guère faite pour ceux qui ont mal aux genoux ou aux hanches,
mais qu'en revanche le PH de son eau est de 7, taux idéal pour la fabrication
du papier et le tannage des peaux. Si le papier, avec Canson, mondialement
connu, reste le fleuron de la ville, il n'en est plus de même avec les
tanneries qui ont disparu. Donc,
l'après-midi se poursuit avec la visite du musée Canson, sous la conduite d'un
guide qui se régale à faire visiter son ancienne usine, à nous expliquer la
généalogie de la famille Canson, à
raconter les frasques du farfelu Pierre Montgolfier, pourtant génial inventeur
de l'aérostat qui portera son nom et que le vent du midi nous privera de voir
voler, dans le ciel ardéchois. Tout
se passe donc au mieux jusqu'à présent mais le plus terrible reste à venir:
nous allons rencontrer ceux qui vont nous héberger, ceux avec lesquels nous
allons chanter. Frédérique,
Cyrille et Olga savent à quelle sauce ils vont être mangés puisqu'ils vont chez
Michel et Marie et l'on appréhende un peu que Frédérique nous revienne pour le
concert, ses partitions à l'envers et qu'Olga se mette à frapper sur son piano au lieu de le caresser
comme elle sait si bien le faire. Quant à Cyrille, peut-être décidera-t-il de
venir se joindre à notre choeur! La
place de Roiffieux s'approche après une grimpette redoutable et des virages
dignes de ceux de l'Alpe d'Huez (mais juste deux comme dit Jacky). Chaque hôte
nous accueille . C'est le moment de faire connaissance et de se rendre compte
qu'entre gens de bonne volonté et de paix, le courant passe immédiatement à
100000 volts. Nous
donnons un concert à l'église St François d'Annonay aussi faut-il nous mettre
en tenue et en voix pendant qu'à l'extérieur passe le corso fleuri précédé de
la fanfare. Pas de concurrence entre les deux et à 20H30, l'église se remplit.
C'est nous qui débutons dans un répertoire classique, vêtus de noir et
chemisier de couleur, suivis par vous "Amis voix" de Roiffieux qui
étrennez votre nouveau nom, les dames lumineuses dans leur corsage jaune orné
de notes de musique, sous la direction de votre nouvelle, charmante mais
timide, nous semble-t-il, cheffe de choeur Marie. Après l'entr'acte, c'est nous qui reprenons le flambeau,
tout de blanc vêtus, ça fait tout drôle parce que nous n'avons pas remis ces
tenues depuis le Québec où s'est ourdi
le voyage. L'instant le plus intense pour moi est celui où nous
chantons ensemble le Santo et Monde. Oui, le chant est magique pour rapprocher
les coeurs. Chacun
rentre ensuite chez ses hôtes et à partir de là, c'est top secret! Moi, je sais
ce que j'ai fait avec Jacky, Colette son épouse et Gérard. Figurez- vous que Jacky est une nouvelle recrue à
Roiffieux et qu'il faisait partie avant d'une chorale près de St Etienne . Eh
bien! Six de ses copains avaient fait le déplacement pour l'écouter et c'est autour de gâteaux et de bon vin que s'est
terminée fort tard la soirée. Le
lendemain matin, nous ne voyons pas Jacky, à 7h30 il part pour préparer la
salle et le repas de midi, revient comme un éclair pour se changer et aller
chanter à l'église à l'occasion de la profession de foi. Certains Gessiens se retrouvent pour chanter
l'office avec la chorale de Roiffieux, reprendre ensemble le Santo, pendant que
d'autres visitent le village ou font la grasse matinée. Le temps est doux,
ensoleillé, idéal! A
midi, nous nous réunissons avec les autorités municipales pour prendre
l'apéritif et après un échange de brefs discours, c'est le partage d'un buffet
pantagruélique préparé par nos hôtes de Roiffieux. Heureusement que le
répertoire de "troisième mi-temps" de Roiffieux est au point et riche
parce que nous sommes minables sur ce plan et c'est promis, juré, craché, nous ferons
mieux la prochaine fois, promis aussi à "Cheffe Frédérique". Nous mangeons beaucoup, buvons beaucoup,
parlons beaucoup et chantons un peu;
vous, amis de Roiffieux , vous mangez un peu, buvez un peu, chantez
beaucoup, nous servez beaucoup! Nous en
oublierions qu'il faut rentrer dans le Pays de Gex . Le
moment du départ n'est jamais réjouissant mais nous rentrons le coeur ravi,
avec la promesse de vous voir les 13 et 14 mai prochains dans le Pays de Gex,
plus tôt pour certains sur les pentes du Jura! Il
nous reste à visiter le musée de
l'alambic où nous accueille un automate plus vrai que nature. Plus rien ne nous
échappe de la distillation des fruits et de la vie des campagnes viticoles il y
a encore peu. Belle leçon de vie joyeuse malgré sa rudesse, sa pauvreté et que
certains d'entre nous se rappellent encore. Un arboriculteur avec de délicieuses
cerises….Une provision de cadeaux… Des souvenirs pour tous… Beaucoup d'amitié,
de chaleur partagées et c'est le retour dans le quotidien. Je
m'arrête ici car dans le bus , ce n'était pas la morosité de la veille, notre
cheffe- dont vous avez pu admirer la rigueur, la fougue, la bonne humeur- et
Cyrille se sont laissé aller à quelques blagues – comme quoi, l'air
"enfant de choeur" de Cyrille peut être trompeur!- pour l'amusement
de tous. Mais c'est sans doute le milieu du car qui a le plus ri grâce à deux
joyeux lurons qui nous en ont raconté des vertes et des pas mûres comme on dit
chez moi! Grâce à nous, Diana connaît
maintenant la différence entre les charentaises et les charolaises, nous savons
que Jean Maire a quatre arbres et une danseuse dans son pantalon. (Si vous ne
trouvez pas les réponses, nous vous les donnerons lors de votre venue ).
Etait-ce encore le St Joseph qui faisait des siennes? Mais
nous savons surtout qu'Olga a découvert ce qu'était un cerisier, elle qui vient
de la lointaine Estonie,et nous, nous avons découvert qu'elle avait un
merveilleux sourire . Pour le sourire d'Olga enfin révélé, Pour la chaleur, dans nos coeurs,
déversée, Amis, soyez remerciés. Vos amis de la chorale:
"Le Pays de Gex" .
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